Psychotraumatisme et débriefing.

L'évèvement, le choc

Un choc psychologique/traumatique désigne un événement inattendu, pendant lequel notre intégrité physique et ou psychique est menacée.
Un évènement est constitué de faits, d’images, de sons, de paroles, d’actions, de sentiments, d’émotions, qui s’ordonnent sur le fil du temps, sur le fil de notre histoire…
Une fois clôturé, un évènement se ‘’range’’ automatiquement, dans un tiroir et de façon assez cohérente, pour que celui-ci puisse être fermé dans ce grand espace de stockage qu’est notre mémoire, parmi d’autres souvenirs…
Pour un évènement traumatique, c’est comme un choc violent donné à ce tiroir : tout est sans dessus dessous, c’est le chaos. Le tiroir reste ouvert et perturbe le fonctionnement normal et continue de la vie.
On peut vivre alors un état de stress, permanent, séquentiel, déclenché par des souvenirs, des lieux, des personnes…

Typologies des traumastismes

Le traumatisme de type 1 se rapporte à un évènement unique, isolé, limité dans le temps (accident, catastrophe, agression, viol, suicide, prise d’otage, braquage…)
Le traumatisme de type 2 correspond à une situation qui se répète : la personne se trouve réexposée à un danger identique ou comparable (violences familiales, abus sexuels répétés, guerres, traumatismes secondaires des professionnels de l’aide…..).

Typologies des victimes

Victime primaire se rapporte à la ou aux personnes ayant vécu l'événement traumatique. 
Victime secondaire se rapporte à la ou les personnes ayant un lien avec les victimes primaires : conjoint, enfant, famille, ami, témoin, policier, pompier.

Infos Questions : sommes nous tous égaux devant un évènement ?

Les personnes ont des capacités différentes pour faire face à un événement traumatique en raison de facteurs tels que la résilience psychologique, l'expérience antérieure, les réseaux de soutien social, la santé mentale préexistante, les facteurs biologiques et les croyances personnelles.
Ces éléments contribuent à la variabilité des réactions individuelles face au trauma, soulignant l'importance d'une approche personnalisée dans la compréhension et la gestion des conséquences traumatiques.
Aller plus loin
Les personnes ne sont pas égales dans leur capacité à faire face à un événement traumatique en raison de divers facteurs, notamment leur résilience psychologique, leur histoire personnelle, leurs ressources de soutien, et leur état de santé mentale préexistant. Voici quelques éléments qui expliquent ces différences :
Résilience psychologique : Certaines personnes ont une résilience psychologique naturelle qui les aide à surmonter les adversités. Elles peuvent être plus aptes à s'adapter et à rebondir après des expériences traumatisantes.
Expérience antérieure : Les individus qui ont déjà vécu des événements traumatiques peuvent réagir de manière différente face à de nouveaux traumatismes. La manière dont ils ont traité et surmonté les expériences passées peut influencer leur capacité à faire face à de nouveaux défis.
Réseaux de soutien social : Les personnes entourées de solides réseaux de soutien social, comprenant famille, amis, collègues, etc., peuvent mieux faire face aux traumatismes. Le soutien émotionnel et pratique provenant de ces relations peut jouer un rôle crucial dans le processus de guérison.
Santé mentale préexistante : Les individus qui ont des troubles mentaux préexistants, tels que l'anxiété, la dépression ou d'autres troubles de la santé mentale, peuvent être plus vulnérables face à des événements traumatiques. Ces troubles peuvent intensifier les réactions émotionnelles et rendre la récupération plus complexe.
Facteurs biologiques : Certains facteurs biologiques, tels que la génétique, peuvent influencer la façon dont les personnes réagissent aux traumatismes. Certaines personnes peuvent être génétiquement plus prédisposées à développer des réponses stressantes ou anxieuses.
Croyances et valeurs : Les convictions personnelles, les valeurs et les systèmes de croyances d'une personne peuvent également jouer un rôle. Certaines personnes peuvent trouver du réconfort et de la résilience dans leur spiritualité ou dans leurs convictions personnelles.
En conclusion, la variabilité dans la manière dont les individus font face aux événements traumatiques résulte d'une combinaison complexe de facteurs biologiques, psychologiques, sociaux et environnementaux. Cette diversité souligne l'importance d'une approche individualisée dans la compréhension et la gestion des conséquences traumatiques.

Les symptômes observables

Ces états sont traduits corporellement par une augmentation du rythme cardiaque, les mains sont froides, moites, le visage est sans expression voir crispé, sans couleur.
On a alors envie d’oublier, on a envie de partir alors que la réunion n’est pas finie, la soirée est à peine commencée, on ne supporte plus l’habituellement supportable… on prend une cigarette, on s’isole, on s’alcoolise comme pour s’anesthésier et ne plus ressentir…
  • Hyper excitation : difficulté de concentration, de sommeil, irritabilité, agitation, angoisse décuplée alors qu’elle n’a pas lieu d’être…
  • Evitement de toute situation, lieu, personne qui peuvent rappeler l’évènement
  • Des souvenirs intrusifs, récurrents, qui viennent à tout moment, sans raison apparente, dans la journée par des flash back, la nuit avec des cauchemars, alors qu’on veut ”oublier”, ”passer à autre chose”…
  • Les émotions sont anesthésiées, on se fige, voir même quand il s’agit de joie, d’amour,

Garder le contrôle

Il est important de reprendre son rythme de vie, afin de garder le lien avec la réalité normale et habituelle.

  • Reprendre le travail, le quotidien, du lever du matin au coucher du soir.
  • Garder un rythme de nuitée habituel, autant que possible,
  • Parler, discuter, avec d’autres personnes touchées par cet événement, partager ses émotions ensemble.
  • Pratiquer une activité sportive 3 fois par semaine, au minimum une marche soutenue de 40 minutes, idéalement 1 heure. L’important ici est d’éduquer ou d’habituer le corps à vivre un stress positif en augmentant son rythme cardiaque sur une longue durée, et qui correspond à un besoin physique normal.
  • Réduire sa consommation d’alcool pour améliorer sa capacité d’intégration psychique. L’alcool a pour effet d’anesthésier la partie du cerveau qui nous est nécessaire pour intégrer un évènement en souvenir. S’alcooliser, c’est retarder l’intégration.
  • Réduire sa consommation de tabac. La cigarette est un psychotrope. Elle a pour effet immédiat de ”calmer”. Environ deux heures après, l’effet secondaire se traduit par une augmentation du rythme cardiaque : le corps se remet en état de ”stress”. C’est ici que l’envie de reprendre une cigarette se fait cruellement ressentir, on a envie de retrouver son effet apaisant…. C’est un cercle de stress… Prendre sa dernière cigarette au minimum deux heures avant le coucher, après le second effet facilite l’endormissement.
  • Manger le plus sainement possible, optimiser sa digestion en tenant compte de ses paramètres, permet de conserver un tonus physique et psychique en journée, et optimiser le repos de la nuit.
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Le débriefing

Lorsque tous ces troubles persistent plusieurs jours, plusieurs semaines après l’événement, que cela devient invivable, que la vie est tellement perturbée que cela est insoutenable..

Le débriefing est préconisé quand un événement traumatique n’est pas assimilé, et laisse place à un chaos émotionnel et cognitif. Il laisse place à des troubles de stress post traumatique (PTSD – Post Trauma Stress Desorder).
Le débriefing est un protocole structuré qui permet de remettre de l’ordre entre l’émotionnel et le cognitif, afin d’intégrer l’événement traumatique en souvenir non traumatique.
Entre 2 et 3 séances peuvent suffire pour un débriefing. Cet accompagnement offre à la personne un cadre ou parler et qui lui permet d’apprendre à vivre avec ce qui s’est passé.
Origines et apports des neurosciences au débriefing.